« Aujourd’hui, on se gâte! »

Portrait de Michel Charron,

propriétaire Boucherie Charron

 

À l’âge de 12 ans, Michel Charron travaillait déjà au 1555 Marché public à la Boucherie Charron, qui appartenait alors à son père, Normand. L’entreprise occupait l’espace qui aujourd’hui est devenu l’aire de lunch à l’arrière du bâtiment.

 

À ce moment-là, il y a de ça, 45 ans, le marché comptait 12 boucheries. Il n’y avait que des boucheries à l’intérieur ! « Si tu voulais de la viande, il fallait venir au marché. Les épiceries ne vendaient pas de viandes. Les premières épiceries à en avoir, c’étaient les supermarchés Steinberg. »

 

Pendant longtemps, Michel allait à l’école et travaillait le soir et les fins de semaine pour son père. En finissant son secondaire, il a décidé d’explorer autre chose que la boucherie. Il s’est donc inscrit au Cégep de Saint-Hyacinthe en informatique. Après un peu plus d’un an, ses études étaient plutôt moyennes. Michel est donc aller travailler dans un autre domaine pendant quatre ans. Son père ayant besoin de lui, Michel est retourné travailler à la boucherie à temps plein.

 

Lors des premières rénovations au Marché, au début des années 90, le nombre de boucheries est tombé à six, puis une dizaine d’années plus tard, la Boucherie Charron demeurait la seule en place. Cette période coïncidait avec la préretraite de Normand, qui avait alors décidé de vendre la boucherie à ses trois garçons, dont Michel, et d’acheter la poissonnerie Odessa.

 

Deux ans plus tard, Michel achetait les parts de ses frères et devenait l’unique propriétaire de la Boucherie. Son frère, quant à lui, a acheté la poissonnerie à son père.

 

Depuis 20 ans donc, Michel est à la barre de la boucherie. « Il n’y a pas de gros changements au niveau des installations, mais un petit changement tous les ans. Donc 20 changements en 20 ans ». C’est ce qui fait que ceux qui l’ont connu à ses débuts remarquent vraiment l’évolution de l’entreprise.

 

Les changements se trouvent ailleurs. « Les gens n’achètent plus de la même façon que dans le temps de mon père. Les pièces sont différentes, les familles sont moins nombreuses. Les gens achètent moins de viande, mais vont acheter une viande de meilleure qualité. Ils vont se gâter. »

 

Il y a aussi de nouveaux arrivages au comptoir de boucherie : kangourou, wapiti, sanglier, cerf, etc. Cependant, les coupes de ses viandes ne sont pas faites à la Boucherie.

 

Pour ce qui est de l’avenir, Michel est optimiste en parlant du 1555 : « On a un beau marché rénové. On a plein de beaux produits de qualité et un service personnalisé, c’est ce qui fait qu’on est unique. Les clients se rendent à la SAQ, s’achètent une bonne bouteille et viennent nous voir au Marché où ils peuvent acheter de l’entrée au dessert. De quoi se faire un beau repas chez eux avec ce que 1555 leur offre. Il y a 45 ans, c’est la mère de famille qui avait 12 enfants qui venait chercher sa viande, elle ne pensait pas à acheter une bouteille de vin ! »

 

En dehors du Marché, Michel aime la vie, le plein air et les voyages. Quand il voyage, il visite toujours les boucheries où il découvre de nouveaux produits, mais surtout différentes pratiques. « Au Portugal, quand tu vas à la boucherie, tu vois les poulets sont accrochés dans les airs ! Dans un marché extérieur à Paris, ils sont couchés sur le comptoir de la boucherie avec la tête et les pattes ! Si je faisais ça ici, c’est clair que je n’en vendrais pas de poulet ! Là-bas, c’est autre chose… »

 

Sylvie, compagne de vie de Michel depuis 21 ans, travaille en informatique et c’est d’ailleurs elle qui a conçu le site Web de la boucherie. Les enfants de Michel, quant à eux, travaillent dans le domaine automobile. Ils n’assureront pas la relève le moment venu, mais Michel aime qu’ils soient heureux dans la carrière qu’ils ont choisie. De toute façon, il n’a pas envie du tout de prendre sa retraite !

 

Bon succès à la Boucherie Charron !

 

   

  

Autres nouvelles

Jeune entrepreneur qui voit grand!

  Portrait d’Anthony Gagnon, propriétaire             C’est en 1997 que Manon Robert (fondatrice de l’épicerie fine Les Passions de Manon)