Une référence québécoise en poissonnerie!

Portrait de Mélanie Tétreault 

Poissonnerie Charron

 

Née à Saint-Pie, Mélanie a toujours mangé du poisson, bien malgré le fait que ce n’était pas sa force. Sa grand-mère faisait cuire à l’époque des bâtonnets de poisson congelés Highligner. Sa culture du poisson était donc plutôt limitée !

 

À l’adolescence, Mélanie a travaillé au magasin Zellers, puis chez LEVIS. Elle adorait le contact avec les gens et offrir un bon service à la clientèle. Pourtant, l’emploi qu’elle allait occuper par la suite était tout à l’opposé. En effet, elle a occupé un poste chez St-Jude Médical. Son travail était alors de nettoyer et préparer ces dernières. Ce qu’elle aimait le plus, c’était la stérilisation d’instruments, ce qui lui permettait de côtoyer plus souvent ses collègues microbiologistes et d’échanger sur le développement. 

 

À ce moment, Mélanie fréquentait déjà François Charron. Le père de celui-ci, Normand, possédait la Boucherie Charron au 1555 Marché public. M. Normand Charron racontait que durant les années 80, avec les travaux d’électricité visant l’enfouissement des fils et les travaux d’aqueduc sur la rue des Cascades, les marchands avaient déserté le lieu. À l’intérieur, seule la Boucherie Charron était toujours bien active. Quelques commerces ouvraient et fermaient rapidement à ses côtés. La poissonnerie Odessa s’était établie, juste à côté de la boucherie. Quand le propriétaire d’Odessa a annoncé à M. Charron qu’il voulait fermer celle-ci, « parce que les gens de Saint-Hyacinthe ne mangent pas de poisson » (Mélanie vous dit que ce n’est pas vrai, les gens de Saint-Hyacinthe en mangent beaucoup de poisson !), le beau-père de Mélanie s’est dit : « Non ! Non ! Pas vrai que je vais me retrouver encore tu seul ici ! ». Il a donc acheté l’entreprise qui est devenue la Poissonnerie Charron.

 

C’est en 2001 que le couple fait le saut et prend possession de l’entreprise. Bien intentionné qu’il était, le père de François Charron en connaissait très peu sur le poisson. Son commerce vivait ou plutôt survivait : « le comptoir faisait alors 12 pieds. Il y avait la base en matière de poisson : du turbo, de la sole, de l’aiglefin, de la morue, de la truite et du saumon, c’était tout. Sur la tablette du haut, ne sachant pas quoi mettre là, il y avait des raisins en plastique et beaucoup de glace ! ». Aujourd’hui, à la suite de l’achat d’un autre comptoir, ce sont 24 pieds de produits frais qui sont offerts. « Il y a beaucoup de variété, pas de raisins en plastique et juste un peu de glace ! » Remplir cet espace supplémentaire n’a pas posé de problème. Les clients se présentaient à Mélanie en suggérant de nouveaux produits qu’ils aimaient bien. Elle passait alors la commande et c’est ainsi que l’offre s’est peu à peu diversifiée.

 

Aujourd’hui, Mélanie fait des commandes quotidiennes pour les clients. Cette façon de procéder lui assure un stock de poissons et de fruits de mer frais se modelant aux besoins de la clientèle. « Les gens sont prêts à payer pour de la qualité. On s’assure d’acheter le plus localement possible et d’avoir des produits canadiens. »

 

Il y a eu une évolution dans les habitudes des consommateurs. La clientèle plus âgée maintient ses achats de poissons de base, ceux du tout début de l’entreprise. La clientèle plus jeune explore et achète les sushis, saumons et tartares de saumon ou d’autres produits pouvant venir d’ailleurs. Pour plusieurs, le poisson se mangeait autrefois le vendredi en pénitence. Ce qui fait que le poisson de l’époque n’était pas mis en valeur et que la façon de l’apprêter y était pour beaucoup dans l’appréciation du produit.

 

Aujourd’hui, ces mêmes gens se voient recommander la consommation de poisson par leur médecin. Ils demandent à Mélanie : « Peux-tu me donner du poisson qui ne goûte pas le poisson ? ». Elle leur conseille d’y aller en douceur, avec un poisson blanc, comme la morue. À coup sûr, plus le poisson est frais, moins il va sentir. Aussi, un poisson trop cuit peu créer de fortes odeurs et avoir un goût plus prononcé. En prenant soin de ne pas trop cuire le produit, on évite les désagréments et ça, peu de gens le savent.

 

La Poissonnerie Charron fêtera son 20e anniversaire l’an prochain. La jeune femme qui nettoyait des valves cardiaques de porc est partie de loin. Elle a travaillé fort, s’est renseignée et a appris sur le poisson au point où elle est devenue une référence québécoise en poissonnerie. Il y a 3 ans, le CSMOCA (Comité sectoriel de main d’œuvre du commerce en alimentation) l’a d’ailleurs approché pour qu’elle crée une formation destinée aux gens travaillant dans le domaine. « Tu apprends en milieu de travail et tu fais des exercices dans un cahier. » Au début, le groupe, qui comptait initialement une vingtaine de personnes en épicerie a quelque peu diminué, mais l’intérêt y est toujours bien présent. Mélanie s’y implique de différentes façons en relisant et approuvant, entre autres, les textes rédigés. C’est elle l’experte du groupe. Quand Mélanie fait quelque chose, elle s’investit à fond et fait des recherches pour parfaire continuellement ses connaissances.

 

Concernant le Marché, Mélanie y retrouve chaque jour une très belle clientèle. Elle se sent près de ses clients. « Y’en a, on sait quand y vont venir, quel jour et presque l’heure. Les gens viennent pour le contact avec les marchands, leurs conseils et leurs beaux sourires. »

 

  

 

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